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Retour sur la fête de la décroissance !

lundi 16 juillet 2018, par Romain

Agriculture, alimentation : des alternatives locales au changement global
Retour sur la fête de la décroissance

Décroissance 44 a organisé sa première fête le samedi 7 juillet, accueillie dans le cadre aussi verdoyant que militant du Jardin des Ronces, sous l’ombre bienvenue des noyers et cerisiers.

Un repas partagé a permis aux membres du collectif de se retrouver et de faire connaissance avec les personnes qui nous ont rejoint pour l’occasion. Nous avons ensuite organisé deux ateliers autour du thème choisi pour cette première fête : l’alimentation et son indissociable corollaire l’agriculture, enjeux majeurs pour la vie de chacun et pour la société dans son ensemble.

Le premier atelier portait le regard sur les modes de production et s’est appuyé sur les expériences et les réflexions des présents. Expériences négatives en premier lieu, qui mettent en évidence le massacre provoquée par l’agriculture conventionnelle et intensive : exploitation des travailleurs, pollutions, raréfaction des terres, dépendance au pétrole… pour une qualité nutritionnelle douteuse. Mais aussi des expériences positives, menées pour explorer des alternatives à cette division du travail qui fait qu’aujourd’hui la plupart des habitants de la planète ont perdu les connaissances et l’autonomie nécessaires à maîtriser la production de leur alimentation.

Ces projets, d’ampleurs variées mais mettant en leur cœur la notion de collectif à l’image de l’Oasis du Cens à Nantes, permettent une prise de conscience, une réappropriation de l’expérience de production et d’autoconsommation. L’atelier a souligné la valeur d’exemple qu’ont ces expériences dans un processus à long terme, de compréhension de l’environnement, d’éducation et d’organisation politique, au meilleur sens du terme. Au-delà des actions individuelles, elles peuvent constituer un modèle qui marche et qui le prouve, à la fois pour convaincre d’autres acteurs potentiels et pour assurer aux producteurs qui s’y engagent une autonomie au moins parcellaire. A terme, ceux-ci peuvent envisager un retrait de la sphère marchande au profit de l’autoproduction collective, gagnant ainsi en qualité de vie.

Le second atelier était orienté sur les modes de distribution, déterminants en ce qu’ils font le lien entre la production agricole et la consommation alimentaire. Nous y avons évoqué des expériences « non marchandes » qui reposent sur quelques principes communs tels que l’autogestion, la confiance avec l’absence de négociation quant au prix pratiqué par les producteurs, l’accès aux produits à prix coûtant ou avec une très faible marge. Il y a ainsi à Nantes quatre GASE (Groupements d’achats service épicerie), des épiceries associatives, et de nombreuses AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), auxquels s’ajoutent le projet de supermarché coopératif Scopelli.

Ces initiatives présentent cependant des limites, notamment parce qu’elles ne concernent qu’une faible proportion de la population de l’agglomération, avec une certaine homogénéité culturelle et/ou idéologique des usagers. Se pose donc la question de leur élargissement afin d’atteindre une masse critique. Enfin, les conditions pratiques de leur développement, tel que l’accès à des locaux, doivent être prises en compte.

Une restitution croisée des deux ateliers a clos l’après-midi. Les débats ont ainsi fait émerger des propositions dont nous devons nous saisir collectivement, pour développer d’autres pratiques agricoles et alimentaires. Cela implique des choix collectifs tels que l’appropriation ou la réappropriation des terres afin de tendre vers une autonomie productive à l’échelle d’un bassin de vie, permettant d’approvisionner les réseaux de distribution alternatifs. Il s ’agit donc pour cela d’avoir pour horizon la remise en cause de la croissance et son monde, dont les effets néfastes (artificialisation des terres, métropolisation, concentration de la propriété) constituent un obstacle rédhibitoire à la généralisation de modes de production et de distribution plus vertueux.

C’est le sens du projet de Coopérative Intégrale, porté par un réseau d’acteurs locaux dont fait partie Décroissance 44. Inspiré par ce qui a été mis en place en Catalogne, ce projet vise à créer une alternative globale au système économique capitaliste, en s’appuyant sur des outils autogérés et coopératifs. Il offre donc une perspective pour intégrer les alternatives locales à une échelle pertinente, dans ce qui peut constituer un modèle de société décroissant.

Après ces mots de conclusion, la fête s’est poursuivie par une soirée animée par le trio acoustique « Les santiags à roulettes », qui ont interprété des classiques folk avant de lancer un bœuf jazz. Nous garderons un excellent souvenir de cette journée, à reproduire pour sensibiliser davantage de personnes à la décroissance dans la bonne humeur.

Merci à tous les participants, et à bientôt !